La vie avant tout
le 23 mars 2008 - Dossier spiruline - Lien permanent
Tonato Agbeko produit de la spiruline depuis 2004, dans son village d’Agou Nyogbo au Togo. En éwé, sa langue maternelle, Agbeko signifie : dans la vie tout est possible, ou : la vie avant tout. Un patronyme prédestiné pour celui qui se définit comme : « un chercheur dans le domaine de la culture biologique de spiruline », et donne une part importante de sa récolte à des enfants malnutris.
Tonato s’est rapidement rendu compte des bienfaits que pouvait apporter la spiruline à des enfants souffrants de malnutrition. « On a commencé à donner la spiruline avec le petit Kofi. Il avait alors un an et cinq mois et pesait 4 kg en ce temps là. Atteint de marasme, carencé en protéines, vitamines et en sels minéraux, squelettique, les cheveux soyeux et le gros ventre, il allait bientôt mourir. Aujourd’hui âgé de cinq ans, il va à l’école et se porte très bien ».
« Le constat que je fait, c’est qu’un enfant malnutri, atteint de marasme ou de kwashiorkor, n’a pas le sourire ni la force de jouer avec ses frères et sœurs. Il a les yeux dans le vague. On lui donne de la spiruline sèche. D’abord cinq grammes par jour puis dix. Après deux semaines déjà, on constate les premières améliorations. Son regard devient rayonnant. Il peut te regarder en face. C’est très rapide. »
Tonato parcourt sa région en cyclomoteur pour distribuer lui-même, et gratuitement, sa spiruline. Il surveille ainsi l’évolution des enfants et forme les mères à la bonne nutrition de leurs enfants.
Un acte désintéressé qui absorbe une grande partie de sa production et de son temps mais qu’il se refuse à qualifier d’humanitaire. « Qu’est ce que l’humanitaire en réalité ? La notion n’est pas assez définie. Je vais dans des endroits reculés oubliées par les ONG parce qu’il ne présentent pas des conditions de confort suffisantes pour leurs expatriés. Ici, on en a marre des discours, on veut des actes. Je fais cela car personne n’aime la mort. Par le biais de la spiruline je peux aider la vie, et j’en suis content car jusqu’à présent, c’est Dieu qui a le monopole de la vie. »
Tonato confie parfois ses protégés aux centres de nutrition qui acceptent d’utiliser la spiruline. Mais l’ « algue bleue » rencontre la réticence des services de santé. « Parce que tout est lié à l’OMS qui ne reconnaît pas la spiruline ce qui crée des difficultés pour les dispensaires qui l’utilisent. » Ainsi est née l'idée de créer sur place un centre de lutte contre la malnutrition avec la spiruline.
Agro écologie et lutte contre la malnutrition.
La ferme de spiruline d’Agou Nyogbo atteint aujourd’hui une surface de bassins de culture de 100 m2. Sa production devrait passer de 40 à 150 kg de produit sec dans l’année 2008. Un challenge pas si évident car Tona utilise des intrants biologiques et locaux pour nourrir sa spiruline ce qui reste expérimental. Ce concept vise à une autonomie vis-à-vis de l’industrie chimique qui fabrique les engrais de l’agroalimentaire, à l’autosuffisance et à la pérennité du projet.
Ainsi, le purin de légumineuse permet l’apport de nutriments dans la culture. Les légumineuses poussent facilement sur le sol dégradé par la déforestation et aident aussi à une régénérescence du terrain. Autre exemple, le fer indispensable au développement de la spiruline peut être introduit dans le milieu de culture sous forme de « jus de clou », une solution obtenue avec de simples clous rouillés !
Des solutions existent donc pour une production biologique et écologique de spiruline. (le mot biologique étant ici entendu pour son sens intrinsèque : à ne pas confondre avec le terme Bio, une norme labellisée).
En éwé, le prénom de Tonato signifie : celui à qui l’on se confie.
D’ici la fin de l’année, il compte ouvrir un centre de nutrition associé à une ferme de spiruline agro écologique. Ce centre dispose déjà d’une maison pour l’accueil des enfants et de leurs mères à Agou Nyogbo. Il manque encore de quelques financements pour boucler son budget. Avis aux Hommes de bonne volonté.
- En savoir plus sur la ferme de spiruline d'Agou Nyogbo : ici et là
- Les conseils de Jean Paul Jourdan sur la culture de spiruline sans produit chimique (au paragraphe 4/3)
- Contacter Tonato et l'association SVP
Commentaires
Bonjour,
Mon mari et moi sommes des inconditionnels de la spiruline qui nous fait tellement bien ! ....nous sommes marathoniens. Ainsi lors de nos préparations, nous en consommons l'équivalent d'une cuillère à café par jour chacun et cela pendant les 10 à 12 semaines. Nous aimons son goût et elle nous permet d'éviter plein de bobos. ....à consommer vraiment !!!! et merci à Mr Simian.